Le Saint du matin
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Vitrail de Saint Ignace d'Antioche

Épisode · 17 octobre

Saint Ignace d'Antioche

« Il marche vers les lions… et il supplie qu'on ne le sauve pas. »

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Le récit

Ce matin, l'histoire d'un vieil homme enchaîné, en route vers les lions… et qui supplie qu'on ne le sauve surtout pas.

Nous sommes le 17 octobre, et aujourd'hui, on fête saint Ignace d'Antioche.

Antioche, au début du deuxième siècle. C'est l'une des plus grandes villes de l'Empire romain, sur les bords de l'Oronte, dans l'actuelle Turquie. C'est là que, pour la première fois, les disciples de Jésus ont été appelés chrétiens. Et c'est là qu'Ignace est évêque, le troisième de la ville selon la tradition. On le surnomme Théophore : celui qui porte Dieu.

Un jour, sous l'empereur Trajan, Ignace est arrêté. Sa condamnation est sans appel : il sera livré aux bêtes, à Rome, devant la foule. Commence alors un long voyage, des milliers de kilomètres, enchaîné, sous la garde de dix soldats. Ignace les surnomme « mes dix léopards ». Et il ajoute, avec une pointe d'ironie, que plus on est gentil avec eux, plus ils deviennent méchants.

Mais ce voyage vers la mort devient tout autre chose. À chaque étape, des chrétiens viennent à sa rencontre. Et Ignace écrit. Depuis Smyrne, il envoie des lettres aux communautés d'Éphèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome. Plus loin, depuis Troas, il écrit encore à Philadelphie, à Smyrne, et à son ami Polycarpe, l'évêque de Smyrne. Sept lettres en tout, que nous avons toujours aujourd'hui.

Dans l'une d'elles, il emploie une expression appelée à un immense avenir. Il écrit : « Là où est Jésus-Christ, là est l'Église catholique. » C'est le premier texte connu qui applique ce mot, catholique, c'est-à-dire universelle, à l'Église.

Scène de la vie de Saint Ignace d'Antioche, en vitrail

Mais la lettre la plus saisissante, c'est celle qu'il adresse aux chrétiens de Rome. Ignace sait qu'ils ont des relations, qu'ils pourraient intervenir, peut-être obtenir sa grâce. Alors il les supplie de ne rien faire. Et il a cette phrase, terrible et magnifique : « Je suis le froment de Dieu, et je serai moulu par la dent des bêtes, pour devenir le pain pur du Christ. »

Ignace arrive à Rome. Il est livré aux bêtes, sous Trajan, aux alentours de l'an cent dix. On ne sait pas exactement où, ni quel jour. Mais ses lettres, elles, ont traversé deux mille ans.

Ce qu'on peut retenir de lui, croyant ou non, c'est peut-être cela : un homme qui, sur le chemin de sa propre mort, au lieu de se plaindre, a passé son temps à écrire aux autres pour les encourager.

Le 17 octobre, on souhaite une bonne fête aux Ignace et aux Baudouin.

Demain, saint Luc : le médecin qui a écrit un évangile, et que la tradition dit peintre.

Sources

  1. Benoît XVI, audience du 14/03/2007
  2. Eusèbe, Histoire ecclésiastique III, 36
  3. Universalis
  4. EWTN
  5. Catholic Encyclopedia
  6. Notice des Pères de l'Église (Wikisource)
  7. Renan, Les Évangiles, XXII
  8. Jean-Paul II, 13/05/1983

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